dimanche 9 juin 2013

La vie va…



3 semaines de silence  depuis la chaine humaine où les travaux des champs se sont faits peu à peu malgré les caprices de la météo : semis de maïs, ensilage d’herbe, enrubannage sont terminés au liminbout et un peu de foin s’est fait la semaine passée. Nous sommes finalement contents de voir un peu de pluie venir pour souffler un peu !
Les évènements marquants des ces 3 semaines :
-         le procès de Christian le 21 mai à Saint Nazaire et la mobilisation de soutien impressionnante (batuccada colorée et entrainante, manifestants et tracteurs nombreux…) ;

arrivée des tracteurs

devant le tribunal
 -         le verdict sévère, disproportionné par rapport aux faits reprochés (10 mois de retrait de permis et 400€ d’amende) qui me fait douter de l’indépendance de la justice et me persuade que s’opposer aux projets des puissants s’accompagne plus que jamais de répression ou dit gentiment d’un traitement de faveur très particulier des autorités…
-         une ambiance plus sereine pour moi sur la ZAD avec des discussions sur le vivre ensemble et la prise en compte des besoins de circulation des habitants et des paysans de la ZAD ;
-         enfin, le dernier et non des moindres, la venue hier 8 juin d’une grande dame, Marie Monique ROBIN, journaliste engagée, à Notre Dame des Landes pour la remise de sa légion d’honneur par une autre grande dame, Dominique MEDA, sociologue. Leurs prises de parole furent particulièrement émouvantes, qualifiant au passage le projet d’aéroport comme ringard et complètement inutile et saluant le combat et l’engagement de tous pour préserver la terre. Merci d’être venue à Notre Dame des Landes recevoir cette distinction saluant une œuvre au service du bien commun et de l’intérêt général. Merci de ce pied de nez aux politiques et aux porteurs du projet (ironie : il arrive à un moment où nous apprenons qu’une nouvelle enveloppe budgétaire est débloqué par le conseil général pour promouvoir le projet d’aéroport).

une foule attentive devant la vache rit aux propos de Marie Monique ROBIN

Son prochain sujet de documentaire portera sur les alternatives au dogme de la croissance… Nul doute qu’il est d’actualité et qu’il remuera les consciences ! 
A nous voir dirigés dans cette course sans issue qui laisse de plus en plus de monde en perdition sur le bord de la route, j’ai plus que jamais envie d’autres possibles, d’autres voies… Ce qui se vit ici, à Notre Dame des Landes, est une nouvelle voie et suscite bien des espoirs. Continuons, tous ensemble !



mercredi 15 mai 2013

Chaine humaine : une réussite !



En voyant les chiffres de la Préfecture (12000 personnes), nous pouvons dire une chose : nous avons le bras long ! En effet,  25 km couverts par 12000 personnes, cela fait une envergure bras tendus de 2.1 mètres par personne.
La réalité, c’était 25 km couverts avec des zones nombreuses où la file n’était pas unique…

La réalité, c’était ce symbole fort porté par 40000 personnes qui se donnaient la main pour dire aux porteurs du projet qu’ils ne passeront pas…

Nous étions nombreux, venus de loin, très loin pour certains, sous un beau soleil, à afficher notre détermination… Il faudra bien qu’ils comprennent ; il faudra bien qu’ils entendent !



Merci d’être venus si nombreux nous soutenir ; merci aux artistes qui ont précédé et prolongé ce moment festif …et un grand merci aux organisateurs et aux multiples bénévoles sans qui tout cela n’aurait pas été possible !

dimanche 5 mai 2013

Le calme revient...



Le 17 avril, le printemps est arrivé au liminbout : les hirondelles réintégraient leur logis dans la laiterie. Quelques jours plus tard, à notre immense satisfaction, les forces de l’ordre se retiraient enfin de Notre Dame des Landes. Et depuis, ma foi, nous avons l’impression de revivre, revivre en ayant tout simplement le sentiment de vivre normalement, sans garde mobile et sans contrainte de circulation.

patûrage des vaches dans le bocage landais


les agneaux profitent bien!
 Le soleil est là. La mise à l’herbe est faite pour quasiment toutes les catégories d’animaux ; il nous reste juste les petits veaux à sortir. Nous le ferons cette semaine, une fois qu’ils seront habitués à la clôture électrique. Nous respirons côté travail sur les bêtes, ce qui nous permet de nous consacrer aux travaux des champs. Et là, avec ce printemps humide, tout est à faire en même temps pour tout le monde : fumier, labour, semis de maïs, ensilage d’herbe… La campagne ressemble à une immense ruche bourdonnante d’activités. L’heure est au travail de la terre, saine occupation pour tous…
Demain lundi, premiers semis de maïs pour nous et ensilage d’herbe au programme. Et comme les barrages ont été enlevés aujourd’hui à Bellevue, la circulation sera plus facile pour les hommes, les bêtes et les machines. 

Amorce d’un retour à la vie normale sous la gouverne d’un président normal…
Beau travail collectif...
 
Je ne sais pourquoi, les paroles d’une chanson de Ferrat me viennent : « les touristes partis, le village petit à petit retrouve sa vérité...".

dimanche 14 avril 2013

Sème ta ZAD!




VINCI DEGAGE
LA TERRE
ON LA PARTAGE !

C’est derrière cette banderole qu’un long cortège s’ébranlait des Ardillères pour aller vers Bellevue. Même si le petit crachin et la pluie de la semaine allaient perturber le travail de semis et de plantations, la foule était là, motivée…

Il y a eu quand même du travail fait (construction, formation de buttes…) mais aussi et surtout des échanges, des discussions… et des moments de convivialité, un festnoz à St Jean du tertre clôturant ce samedi.
Par exemple au liminbout, nous avons, tous les habitants ensemble, présenté la vie ici. Depuis l’occupation de la maison voisine à l’automne, sa destruction, jusqu’à aujourd’hui où la vie a repris là où la maison a été détruite. La pluie et le vent s’étaient donnés rendez vous pour nous compliquer la vie au moment de ce débat.
Une journée comme celle-ci, c’est aussi le plaisir de revoir beaucoup de visages connus.




mercredi 10 avril 2013

Bellevue: solidarité paysanne...



Les paysans du COPAIN (Collectif d'Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d'aéroport) et les tracteurs vigilants protègent la ferme de Bellevue à Notre Dame des Landes de la destruction depuis 1 mois. Une mobilisation spontanée pour défendre l'agriculture et les agriculteurs menacés par ce projet.
assemblée de copains...
 Un jeune paysan témoigne de son implication.
"Depuis quelque temps, nous allons à Notre Dame des Landes. Oui, NOUS paysans, nous arpentons et pour tout vous dire on connaîtrait presque les coins à champignons ! L'organisation est simple, un coup de fil et hop les voitures partent après la traite. Chaque secteur sait quand il doit y aller (tous les 9 jours), le planning est quasiment fait pour 2014 et les travaux y vont bon train (stabulation, salle de réunion, rangement,...)
Énervé d'entendre et de voir les pro-aéroport étaler dans la presse leurs arguments de plus en plus pitoyables chaque jour, nous allons nous rendre compte de l'ampleur des dégâts. Car les paysans y vont tout d'abord pour défendre l'agriculture ! Je suis dégoutté de voir ce qu'ils veulent détruire.
D'abord nos collègues que j’idolâtre tous les jours car la pression est immense ! La dernière en date, la surpression de leurs DPU, leur force est magique car avoir cette annonce par courrier alors que des pelleteuses font des trous dans leur champs c'est simplement dégueulasse. Quand je vois ma détresse lors d'une attaque de taupins et eux leur calme à ce préjudice, je dis chapeau !
Puis l'agriculture au sens large. On voit des fermes sans successeur, on perd un département tous les 10 ans, tant d'attaques qu'on peine à combattre et là un projet au milieu de rien pour certains aveugles, au milieu d'une immense richesse pour nous autres paysans. Car c'est une vitrine de ce que nous voulons pour notre futur. Là bas, il suffit d'ouvrir les yeux et que voit-on : des haies très bien entretenues au jour où on ne cesse de parler du rôle de la haie en agriculture ; des champs qu'on reverrait d'avoir aussi rectangle, des emplois, car oui, des gens travaillent dans ce bocage. Les paysans d'abord et leurs salariés mais aussi les emplois indirects qu'on a tendance à oublier.
Pour moi à Notre Dame des Landes, le sens du mot syndicalisme prend tout son sens. D'abord par la solidarité envers nos collègues devenus copains. Ensuite pour tous ces débats qu'on a tous les soirs là-bas. C'est une richesse car pour une fois dans notre métier, on prend le temps d'échanger entre nous. Le seul bémol reste les ronflements de nos penseurs.
Alors venez nombreux, car notre ferme de COPAIN reste l'incarnation de nos idées !"

De Benjamin, paysan à Guérande

dimanche 7 avril 2013

Bellevue, le temps des semailles…



Cette semaine, j’ai eu l’agréable surprise d’être convoquée par la Gendarmerie de Blain pour être entendue. Une procédure est lancée contre moi pour un soi disant refus d’obtempérer qui aurait eu lieu le 30 octobre 2012 (voir article « La gendarmite, ça se soigne ? »). Cet empressement à poursuivre le moindre fait surtout s’il relève d’opposants à l’aéroport est méritoire mais je conseille à nos politiques d’appliquer la même diligence en leur sein. Quitte à faire du ménage, autant le faire partout et à fond s’il vous plait ! Des affaires comme les miennes ne vont pas rapporter gros mais chez d’autres, c’est en milliers d’euros que l’on compte…
 Nous en doutons, mais si, le printemps est là… Même si froid et pluie perturbent le pâturage des vaches, des fenêtres météo permettent de commencer certains semis de printemps. 
le four à pain restauré





A Bellevue, le four à pain est intégralement restauré et peut servir. Les premières fournées sortiront pour la manifestation « Sème ta ZAD ! » samedi 13 avril.








En préambule à ce weekend, les copains ont semé aujourd’hui un mélange d’orge et de fève. Dans la joie et la bonne humeur, un petit groupe s’activait au semis.   

réglage du semoir

A Bellevue, la terre continue à vivre et portera du fruit…

semis "accompagné"...

Nécessaire...

« Projet nécessaire à terme»… Ce sont les termes utilisés par Claude Chéreau, président de la Commission du Dialogue pour parler du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Son rapport sera remis mardi 9 avril au Premier Ministre. Il organise quelques « fuites » avant l’heure… Cette conclusion simplificatrice n’est pas surprenante : « on ne mord pas la main qui nous nourrit ! ». Nous attendons sereinement de voir tout ce qui se cache derrière, toutes les nuances qui seront apportées…

A l’heure où la moralité publique se révèle plus que douteuse, il est urgent pour le Pays que nos dirigeants, en bons pères de la Nation, donnent l’exemple et fassent au moins preuve de raison. Histoire de se racheter une conduite car leur intégrité est bien mise à mal en ce moment et nous pouvons penser que l’affaire Cahuzac est seulement l’arbre qui cache la forêt ! Qui sera le prochain ?
Ne doutons pas que le rapport de la Commission du dialogue soit examiné à la loupe et que nous, opposants, y rechercherons attentivement les réponses à toutes les questions soulevées devant la Commission.

Nous avons une crise économique, une crise morale sur le dos… J’espère seulement que les politiques n’en rajouteront pas une autre en utilisant la force à Notre Dame des Landes. C’est ce que peut laisser craindre la missive consigne de M. Ayrault adressée aux Préfets et aux Ministres (voir Médiapart et ci-dessous) :
« A l’exception des normes touchant à la sécurité, il vous est désormais demandé de veiller personnellement  à ce que vos services utilisent toutes les marges de manœuvre autorisées par les textes et en délivrent une interprétation facilitatrice pour simplifier et accélérer la mise en œuvre des projets publics ou privés ». Cette carte blanche signée J.M. Ayrault n’est-elle pas une façon de détourner la loi quand cela arrange?

Certains experts parlent de « la folie des grandeurs » de nos dirigeants (voir l’hebdomadaire La Vie du 4 au 10 avril 2013). L’aéroport de Notre Dame des Landes est l’exemple type du projet inutile, polluant et coûteux, qui se justifie par des études payées par les porteurs du projet et truffées d’erreurs, d’oublis ou d’omissions, et non par des études indépendantes.

J’en appelle à l’honnêteté et à la raison. Qu’on arrête de nous mentir ! C’est plus que jamais nécessaire et ce, dès maintenant !